vendredi 24 avril 2009

Analyse du courrier de Daniel Cuvelier

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D'abord sur la forme, ce courrier marque - volontairement ou non - une prise de distance, voire même un sentiment de supériorité.

1) Daniel Cuvelier me donne du "Monsieur" et me vouvoie, alors que je respectais l'usage socialiste du tutoiement, qui met tous les camarades au même niveau, quels que soit leurs titres.
Pourquoi Monsieur Cuvelier est-il si formel, pour un sujet aussi anodin qu'un tractage de 1er mai ?

2) Plus désobligeant encore, sa formule de politesse finale est celle d'un responsable à un subalterne :
- "veuillez agréer" est impératif. D'égal à égal, on écrit "je vous prie d'agréer".
- "ma considération" est condescendant. D'égal à égal, on écrit "mes salutations" (et à son chef, on écrit "mon respect"). Monsieur Cuvelier a peut-être oublié que la Section PS n'est pas sous sa tutelle et que je ne suis pas un employé de sa Municipalité.

Ensuite sur le fond, Monsieur Cuvelier semble être à côté de la réalité concrête, historique et politique.

1) D'abord, la "journée festive" ne commence qu'à 11 h 45, d'après le programme fourni par l'Office de Tourisme. Pourquoi ne pas être favorable à un tractage le matin, avant les festivités ? .

2) Ensuite, le 1er mai n'a pas naturellement un "caractère apolitique" : c'est la fête du Travail, qui est devenu celle des travailleurs et de ceux qui les protègent : les syndicats et les partis politiques. Les fondamentaux, au Pays de Godin, on été oubliés... .

3) Enfin, une phrase est étonnante : "En cette période de difficultés économiques, la Fête du Travail présente une dimension universelle et son appropriation par une seule formation politique n'est pas justifiée".
Mais c'est justement pendant la Crise qu'il faut faire de la politique et rassembler les bonnes volontés ! Et la peur que quelques militants socialistes puissent réussir à "s'approprier" cette journée, est disproportionnée !
Pendant ce temps, les nouvelles affiches du Front National sont quasiment les seules à montrer une activité politique dans les environs !
Sans parler de l'actualité politique, avec la volonté des centrales syndicales de faire de ce 1er mai, une nouvelle journée unitaire de revendications. .

En conclusion, Monsieur Cuvelier n'est "pas favorable à [notre] action".
C’est une opinion personnelle, puisque la distribution de tracts n’est pas soumise à autorisation administrative. D'autre part, c'est le Syndicat Mixte qui est l’organisateur des manifestations du 1er mai à Guise (la municipalité de Guise n’est qu’une des parties prenantes).
Mon courrier était donc une pure marque de courtoisie, une main tendue qui a encore été refusée. .

A suivre :
- l'histoire des manifestations du 1er mai
- les autres réactions au courrier de Monsieur Cuvelier (en particulier j'attends celle de la Fédération PS et de Daniel Balligand).
- la décision de manifester ou pas, avec les idées intéressantes de mes camarades socialistes.
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Illustration :
Georges DE LA TOUR - Saint Jérome lisant (1621-23)
Huile sur toile marouflée sur bois (62,2 x 55 cm) - Royal Collection (HamptonCourt)

3 commentaires:

AMC a dit…

Je ne sais si l'inconscient guide parfois l'écriture, mais tu souhaites l'avis de
Daniel Balligand,
la contraction est intéressante...
L'analyse l'est aussi et je retrouve traduit le sentiment que j'ai eu à la lecture de cette curieuse réponse qui rejette les voyous que nous sommes !
Nos convictions doivent restées intactes pour l'avenir plutôt que figées sur des comportements passéistes.

Anonyme a dit…

Je ne sais si la pensée dépasse parfois la maîtrise de l'écriture mais tu notes en fin de ce propos que tu attends l'avis de Daniel Balligand. La contraction est intéressante...
Comme l'est l'analyse de ce curieux courrier qui rejette les voyous que nous sommes !
Mais nos convictions restent au service de l'avenir plutôt que sur des comportements ringards.

AMC

Thierry a dit…

Je n'attends pas l'avis... J'attends qu'il prenne parti (sur les conseils d'une camarade socialiste).
Soit il nous soutient et arrive à convaincre Monsieur Cuvelier de sa méprise ; soit il "fait le mort", ce qui lui serait préjudiciable.

Comme on dit : "Si ça fait pas d'bien, ça peut pas faire de mal !" (dans le film : "Jeux interdits")