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mercredi 28 juillet 2010

C'est mon drapeau k'est le plus beau

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Cliquez sur l'image pour l'agrandir
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Le décret n°2010-835 du 21 juillet 2010 relatif à l’incrimination de l’outrage au drapeau tricolore a été publié vendredi dernier au JO, et incrimine d’une contravention de 5e classe (1500 € d’amende max, 3000€ en cas de récidive)
le fait, lorsqu’il est commis dans des conditions de nature à troubler l’ordre public et dans l’intention d’outrager le drapeau tricolore :
1) De détruire celui-ci, le détériorer ou l’utiliser de manière dégradante, dans un lieu public ou ouvert au public ;
2) Pour l’auteur de tels faits, même commis dans un lieu privé, de diffuser ou faire diffuser l’enregistrement d’images relatives à leur commission.
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Maitre Eolas nous explique tout ça en détail, avec son talent habituel...
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Alors moi, j'ai décidé de faire du zèle, en détournant une vieille affiche de propagande soviétique (à gauche), grâce à un logiciel de retouche d'image : l'asiatique est devenu arabe et le drapeau rouge est devenu tricolore !
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Puisqu'on punit ceux qui dénigrent notre drapeau national, ce beau travail patriotique me vaudra-t-il une récompense (1500 € par exemple) ? Parce que le bâton n'est supportable que s'il est accompagné de la carotte !
Non ???
Bon, tant pis...

mercredi 27 janvier 2010

"Hexagone" de Renaud

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En 1975, la France était gouvernée par un président jeune, médiatique, de Droite mais capable d'avancées "progressistes".
Pourtant, contre toute attente, une crise économique mondiale et une division avec la Droite "gaulliste" l'avaient empêché de rester au pouvoir après son premier mandat.
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Ca vous rappelle quelque chose ?
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Justement, cette année-là, Renaud nous offrait une réponse prémonitoire au débat sur "l'identité nationale" et à tous ceux qui perlent de la Frrraaance avec des trémolos dans la voix. Je n'adhère pas à toutes les paroles, mais voilà une saine colère qui fait plaisir à entendre !
"Anti-France", cette chanson ? Peut-être un peu, mais surtout : anti-nationaliste, anti-realpolitik et anti-beauf !
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mercredi 13 janvier 2010

Affiches de propagande nationaliste

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J'ai cherché des oeuvres d'art, qui pourraient illustrer le thème de "l'identité nationale", sur différents sites spécialisés (musées, archives, etc...).
Mais quand je saisis les mots "nation" ou "patrie" dans leur moteur de recherche, on ne me propose que des oeuvres qui datent d'époques guerrières !
Les plus emblématiques sont ces affiches de propagande de la 2e Guerre Mondiale. Inventaire provisoire...
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"Le grand nettoyage" (1941) - La Ligue Francaise
Le Kärcher n'existait pas encore, mais il fallait déjà nettoyer la France de tout ce qui l'avait tirée vers le bas : combinards, indiscipline, sociétés secrêtes, compromis, ...
Vive la "rupture" "décomplexée" !
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Laissez-nous tranquilles (1941) - Musee de l'Armee (Paris)
Voilà une France en "état de siège", avec les ennemis de l'époque, qui venaient déjà de l'autre côté de la mer : les juifs, les résistants, les francs-maçons... Et puis la Terre, comme valeur sûre et rassurante.
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"France toujours" (vers 1941-1942 ?) - Chantiers de la Jeunesse
Aaaaaah, nos ancêtres les Gaulois ! Forts et fiers... Là où ils sont, ils veillent sur nous.
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"Ils ont construit ta patrie (1944 ?)
La patrie serait un héritage de nos élites, notamment religieuses (chrétiennes) et aristocratiques (royauté). C'est quand même plus glamour qu'une patrie construite par le petit peuple...
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Affiche inspirée par "l'Occupant"
Cette affiche montre un "terroriste" résistants, français mais instrumentalisé par l'URSS communiste. Aujourd'hui, ce serait la psychose des terroristes islamistes, abrités par la France mais téléguidés par Al-Quaïda.
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Comme le montrent ces affiches, l'appel à la Nation n'a de sens que quand la Nation est en danger.
Je ne dis pas que le Pouvoir en place est fasciste, mais il utilise les même ficelles démagogiques qu'à cette époque : la peur, les boucs émissaires et les mythes fondateurs.
L'échec du débat sur "l'identité nationale" leur fera-t-il comprendre que cette fois-ci, les français ne sont pas dupes ?

mercredi 2 décembre 2009

Identité contre culture

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En plein débat sur notre (supposée) "identité nationale", j'entends que notre identité serait liée à notre culture.
En 2005, cette idée était déjà démontée par Philippe Val, dans un texte qui n'a pas vieilli. Extraits (c'est moi qui mets certains passages en gras)...
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"On cultive une identité pour former un groupe suffisamment fort afin d'imposer sa loi aux autres. On attendait une crise sociale, on a une crise territoriale."
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"Les légitimes revendications sociales s'expriment aussi, mais elles sont au second plan. D'abord, je veux qu'on reconnaisse mon identité, ensuite ce dont j'ai besoin. Plus l'identité s'épanouit, plus les sacrifices demandés aux individus sont grands."
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"Identité sexuelle, identité religieuse, identité ethnique, identité de moeurs et de coutumes... Confondre identité et culture est un contresens tragique. Car l'identité est un état, alors que la culture est un devenir. La culture porte en elle un universalisme dont l'heureuse conséquence est un affaiblissement de l'identité. Les identités, pour parler bref, commencent vraiment à nous emmerder."
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Philippe Val, "Les traîtres et les crétins" (Ed. Le cherche midi)

mardi 27 octobre 2009

Les raisons du retour du débat sur l'identité nationale

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Illustration : Baron Charles de STEUBEN - Bataille de Poitiers (Charles Martel, 732) - 1837
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Par Thomas Legrand, éditorialiste

Il y a des initiatives politiques plus ou moins fines. Celle là a la finesse d'un vieux dragueur de la côte qui demanderait à une serveuse à son goût si elle habite chez ses parents.
Monsieur Besson on voit trop bien dans votre jeu. Vous proposez que la société française se saisisse de la question de «l'identité» de notre pays. Vous lancez comme ça, un débat en l'air, vous décidez que nous devons nous pencher sur cette question: «qu'est-ce qu'être français aujourd'hui?». C'était au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche 25 octobre.

«Je voudrais que l'on débatte sur ce sujet» dites vous ... et bien poursuivons votre pensée parce qu'il y a des pointillés au bout de cette phrase.
Vous voulez que l'on débatte de l'identité nationale, et vous voulez surtout que toute une partie de la gauche, qui réagit habituellement de façon pavlovienne, saute à pieds joint dans ce piège, et s'insurge contre ce dévoiement du mot «identité».
Vous voulez que les commentateurs (encore eux !) vous rappellent que l'identité française n'a rien à voir avec l'immigration et que l'accolement des termes «immigration» et «identité» est une atteinte à l'esprit des Lumières comme l'a si bien montré Alain Gérard Slama dans La Société d'indifférence (Plon 2008).
Vous voulez que cette question qui ne semble pas particulièrement préoccuper nos concitoyens en ce moment redevienne une question polémique, qu'il y ait d'un coté, vous, les réalistes gardiens d'une identité nationale, ceux qui osent enfin relever la tête face à une invasion de voiles et de burqas? De l'autre coté, il y aurait une armée de «droit-de-l'hommistes» irresponsables.

Devant une telle alternative caricaturale, le bon peuple et son bon sens saurait choisir (notamment aux régionales).
Vous voulez une bonne bagarre sémantique et idéologique, à l'ancienne, avec du BHL, de l'Hortefeux bien frais, avec ces excommunications en page «idées» des quotidiens, ces pétitions germanopratines, ces effets de tribunes, ces arguments maintes fois répétés de part et d'autre.
Et au bout du compte, puisqu'il y aura eu bagarre, il y aura eu victoire politique d'un camp, le vôtre. Votre nouveau camp, celui des braves gens.
Vous êtes censé être Républicain, monsieur Besson. L'identité française ou de la nation ne devraient rien dire pour vous! Ce qui compte c'est l'identité Républicaine, la liberté, la laïcité. Pourquoi ne pas demander au peuple de réfléchir sur les valeurs et l'identité républicaine, plutôt que sur l'identité de la France ?

Pourquoi rouvrir ces débats? Où est le problème ?
Est-ce en redéfinissant l'identité de la France que vous réglerez la question de la burqa, n'est-ce pas plutôt en étant au clair avec la République?
Est-ce en redéfinissant l'identité de la Nation que vous nous ferez mieux comprendre pourquoi vous renvoyez trois afghans dans leur pays en guerre ?
Faut-il plus de drapeaux, plus de marseillaise, plus de nationalisme ?
Faut-il que les immigrants passent des tests de français, c'est-à-dire qu'un algérien soit avantagé par rapport à un afghan, un homme par rapport à une femme qui n'a pas eu le droit d'aller à l'école dans son pays?
Quel rapport avec l'identité de la France?

Et puis surtout, monsieur le ministre, puisque vous avez des idées sur la question, formulez-les, traduisez-les en texte de loi et soumettez les au Parlement.
D'où vient cette idée de faire des débats dans des préfectures ? Qui peut croire qu'il peut sortir une nouvelle vision de notre identité de réunions en préfecture?
Le débat est libre et débridée sur Internet et dans la presse, dans les partis ou les associations. Il est codifié et organisé pour représenter la diversité politique et fabriquer du droit dans le cadre de nos institutions. A moins de nous ressortir la fameuse «démocratie participative»...

C'est au Parlement que doivent se tenir les débats politiques. Le parlement a vu, parait-il, ses droits et pouvoirs renforcés par la réforme des institutions, votée en Juillet 2008.
S'il y a un débat législatif, autour d'un projet, il sera relayé, n'ayez crainte, hors des murs du Parlement.
Mais vous ne procédez pas ainsi parce que vous ne voulez pas, au fond, légiférer. Vous voulez que la société s'agite sur ce thème porteur pour vos nouveaux amis. Les régionales arrivent.

C'est vrai que l'on a l'habitude de dire qu'en politique plus c'est gros plus ça passe... mais là, c'est immense! Gigantesque... Et surtout, on nous a déjà fait le coup.