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mardi 20 avril 2010

Le plan-prévention, l'arbitraire et l'oubli de l'Histoire

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Willem Van NIEULANDT - Paysage d'Italie - 17e siècle - Musée des Beaux-Arts de Valenciennes
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Voici un article de mon camarade et ami Claude, paru dans Libération (excusez du peu !)...
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Mon village à l’heure du « plan préventions »

Les récentes inondations sur les côtes charentaises et vendéennes ont sorti de la confidentialité le processus des Plans de prévention des risques d’inondation (PPRI). A cette occasion, on a assisté à un jeu de chaises musicales où les responsabilités de l’Etat, des collectivités locales, des habitants, des changements climatiques, étaient tour à tour jetées au feu de l’actualité dans un ballet d’hélicoptères peu propice à la réflexion. La question, pourtant, mérite attention puisqu’elle concerne environ 20% des zones urbanisées en France.

Examiner les erreurs ou les abus dans les zones d’urbanisation récente n’est certes pas illégitime et même salutaire à la condition que les habitants concernés ne soient pas condamnés à la double peine. Car, après l’inondation, les voici face au zèle de l’administration, des promoteurs, des collectivités locales, des assureurs, à ouvrir bien grand les parapluies qui laisseront les populations inondées définitivement sur le flanc primes d’assurances fortement majorées, patrimoines désormais sans valeur, mémoires dévastées, découragement général. Les survols d’hélicoptères masquent mal, sur les zones côtières, les carences d’entretien des digues, la dictature des lobbies du court terme, le désengagement de l’Etat.

Si depuis des temps immémoriaux les hommes ont habité les vallées, les côtes, c’est parce que l’eau, avant d’être une source de risque, est une source de vie. On peut rêver de revenir au temps du Néolithique (encore que l’habitat lacustre sur pilotis y était important), mais il faudrait à ce compte rayer de la carte des zones habitables une bonne partie de la Flandre française, de nos estuaires, l’essentiel de la Flandre belge et des Pays-Bas, des villes comme Venise… et même une bonne partie de la ville de Paris (l’Elysée, rappelons le, est en zone inondable) !

J’habite, dans la haute vallée de l’Oise, à proximité de Guise, sur un site cistercien datant de 1 143 et j’ai pu y observer récemment la mise en œuvre d’un PPRI, à la fois comme habitant d’un fond de vallée humide, mais aussi avec l’œil du cartographe, la mémoire de l’historien, et l’attention du sociologue aux conséquences pour les populations concernées. On n’est pas ici à Paris, mais dans une de ces zones rurales où les compétences comme les ressources sont de plus en plus chichement mesurées et où l’administration a la mémoire courte. En l’absence de crue centenaire de référence, on a «zoné» très large, sur une cartographie peu lisible, sans s’embarrasser de distinguer les zones à risque faible, moyen ou fort. Une seule zone rouge a été dessinée qui englobe des zones où le risque est d’un mètre d’eau tous les trois à cinq ans (des prairies de fond de vallée), des zones où le risque est de quelque centimètres d’eau tous les dix à vingt ans et des zones jamais inondées de mémoire d’homme.

L’adaptation multiséculaire du bâti a été prise en compte de façon inégale et arbitraire : une partie a été classée en «risque limité» quand d’autres secteurs urbanisés (dont un château construit sur un tertre dont seules les douves sont inondées !) ont purement et simplement été rangés en zone rouge. Les prescriptions architecturales sont pour tous draconiennes et sont de nature à figer l’existant dans un corset si étroit qui bloquera toute velléité d’extension ou d’adaptation du bâti existant. Enfin, les concepteurs du plan ont négligé de répercuter sur les zonages de risque les effets positifs attendus d’un ouvrage de rétention des crues récemment construit en amont ; en revanche, ils ont répercuté en amont l’élargissement de la zone inondable !

Faut-il oublier que de grandes civilisations sont nées dans des zones humides et inondables où les crues étaient bénédiction des dieux : vallées de l’Euphrate et du Nil, Inde, sud-est asiatique ? Que l’essor prodigieux de l’Occident à la sortie du Moyen Age s’est fait à Venise, Amsterdam, Londres, Paris, Anvers, Gand, villes qui ont les pieds dans l’eau ? Que Godin a construit son familistère au bord de l’Oise. Que l’aventure des cisterciens au XIIe siècle a mis son cœur dans les zones humides (Clairvaux, Vauclair, Vaucelles, Valloires, Vauluisant, Fontenay, etc.) avant d’aller défricher plateaux et forêts ?

Voilà ce dont devraient se souvenir les concepteurs de PPRI, pour éviter de nous figer durablement dans un corset réglementaire bien serré laissant peu d’opportunités à la mémoire comme à l’innovation.

Par CLAUDE HARMELLE, sociologue, historien et cartographe

samedi 3 avril 2010

L'âne vert, nouveau blog de Thiérache

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Marc CHAGALL - Ane vert (1911)
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Les blogueurs axonais ont un nouveau camarade, surnommé l'âne-vert.
J'en suis d'autant plus heureux, que cet âne là sévit en Thiérache, comme moi !
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Je vous recommande ses articles éclairés et "piquants", d'autant plus qu'il a l'air bien informé sur des sujets pointus de l'actualité locale.
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Il n'est pas très prolifique ni régulier ; mais quand il écrit, ... il écrit !
C'est pourquoi je vous conseille de vous inscrire à sa newsletter (lettre de diffusion), pour recevoir une "alerte e-mail" à chaque publication d'un article. Pour cela, allez sur son site et cliquez au-dessus du bandeau-titre, sur "Devenir membre".
Sinon, vous trouverez l'âne-Vert sur ce blog, dans ma colonne de liens.
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Bienvenue sur la blogosphère et longue vie à l'âne vert !
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dimanche 20 décembre 2009

Pour la réouverture du Canal de la Sambre a l'Oise !

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Alors que le transport par voie d’eau est l’un des plus écologiques, le canal de la Sambre à l’Oise est inutilisable depuis 3 ans !
Cela malgré la mobilisation des élus et bien que de très nombreuses collectivités aient réalisé des investissements considérables autour de cet axe de communication, alors que son potentiel touristique est très important (plus de 700 plaisanciers en 2004) malgré l'intérêt de nombreuses entreprises qui souhaitent utiliser cette voie pour transporter des matériaux...
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Ce canal qui relie la Belgique, le département du Nord, l’Aisne, l’Oise est inutilisable parce que le pont situé sur le territoire de la commune de Vadencourt menace de s’effondrer. Si rien n’est fait, c’est un immense égout à ciel ouvert qui remplacera cette très belle voie d’eau dans quelques années.
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Une association qui s’est créée récemment à Iron, qui s’appelle Canal SET (Canal Sambre Eau Thiérache).
Son but : la mise en valeur du Canal de la Sambre et de ses bassins adjacents, ainsi que le retour de l’eau vive.
Si vous voulez les rejoindre, car cette association est ouverte à tous, vous pouvez contacter Francine Kimpe en téléphonant au : 03 23 60 45 16.
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En savoir plus :
- "Canal de la Sambre à l'Oise : du nouveau !" (thierache-aumale.fr)
- Rapport du Conseil Général "Canal de la Sambre à l'Oise - Le devenir de cette voie d'eau" (cgedd.developpement-durable.gouv.fr)
- La pétition en faveur de la réouverture du canal (ici)
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Illustrations :
Hyppolyte MARGOTTET - Le canal (fin 19e s) - Musée Magnin (Dijon)
Photos de Michel MAHIEUX : Canal dela Sambre à l'Oise ; Pont canal de Vadencourt